SIBO : la maladie qui cause ventre gonflé, ballonnements, gaz intestinaux

Le SIBO est un trouble digestif qui peut causer une variété de symptômes inconfortables (diarrhées, ballonnements, ventre gonflé, constipation, gaz intestinaux). Les personnes qui souffrent du SIBO sont souvent désespérés et cherchent à savoir quel est le meilleur traitement pour se débarrasser du SIBO.

Dans cet article, nous allons examiner :

  • Symptômes du SIBO,
  • Traitements du SIBO (antibiotiques, traitement naturel, probiotiques et SIBO),
  • Régime SIBO : aliments à éviter et ceux qui peuvent aider à réduire les symptômes (FODMAP, bi-phasique, etc).
  • Test SIBO (test respiratoire / ou breath test SIBO) : le diagnostic SIBO.
  • Liens possibles entre le SIBO et d’autres problèmes de santé : (Sibo et candida, rosacée, fibromyalgie, syndrome de l’intestin irritable, colopathie fonctionnelle).

SIBO définition

Le SIBO est un acronyme qui signifie : Small Intestinal Bacterial Overgrowth, qui se traduit en français par : prolifération bactérienne de l’intestin grêle. En d’autres mots, le SIBO est une accumulation ou colonisation de bactéries dans l’intestin grêle, ce qui est anormal. Dans des conditions physiologiques normales, l’intestin grêle possède peu de bactéries et ces dernières ne sont pas supposées y résider durablement. Ces bactéries ne sont pas capables d’infecter le corps, elles prolifèrent simplement au mauvais endroit et produisent des gaz caractéristiques.

Il y a 2 problèmes majeurs dans le SIBO

  • La localisation des bactéries (dans l’intestin grêle)
  • Le nombre excessif de bactéries

SIBO maladie

La localisation pose problème, puisque l’intestin grêle est l’endroit où les nutriments provenant de notre alimentation sont absorbés. Si un excès de bactéries se retrouve ici, il peut y avoir une interaction avec la fonction principale du grêle. Des carences peuvent émerger, notamment une carence en Fer, une malabsorption des vitamines liposolubles (A et E notamment), une carence en vitamine B121.

Pour faire simple, le SIBO est une maladie du microbiote intestinal, c’est-à-dire que ce sont les bactéries qui vont être à l’origine de tous les symptômes que vous décrivez. Là ou cela devient encore plus intéressant, c’est qu’on a réussi à identifier 3 types de prolifération dans l’intestin, toutes sont associées à des symptômes bien distincts.

Les différents types de SIBO

On compte à l’heure actuelle 3 types de prolifération que l’on distingue en fonction des microbes et des gaz produits. En effet, on a pu identifier deux formes de SIBO ainsi qu’une autre prolifération appelée IMO qui ne correspond pas exactement à un SIBO. Voyons-les ensemble.

maladie SIBO : différents types de SIBO

Le SIBO type hydrogène H2

Le SIBO type hydrogène est causé par plusieurs bactéries qui produisent de l’hydrogène. Voici quelques-unes de ces bactéries2 :

  • Escherichia coli
  • Klebsiella
  • Citrobacter
  • Clostridium…

L’hydrogène est un gaz qui n’est pas produit par les cellules humaines. L’augmentation des niveaux d’hydrogène pourrait donc indiquer qu’il y a une prolifération excessive de bactéries productrices de ce gaz.

Le SIBO type sulfure d’hydrogène H2S

Ensuite, nous avons des bactéries produisant un type de gaz particulier : le sulfure d’hydrogène

Voici quelques bactéries qui produisent du sulfure d’hydrogène (H2S) :

  • Bilophila wadsworthia
  • Desulfovibrio
  • Fusobacterium varium…

À la différence de l’hydrogène, le sulfure d’hydrogène peut être produit par l’humain et est même bénéfique en petite quantité. En revanche, à ce jour, il ne peut pas être analysé avec les machines dont on dispose en France.

LIMO méthane CH4

Anciennement appelé SIBO type constipation cette forme de prolifération a changé de dénomination récemment. En effet, en 20203, des chercheurs américains ont proposé de changer le nom concernant la prolifération d’archées (aussi appelées méthanogènes car elles produisent du méthane) dans le système digestif. En réalité, on s’est rendu compte de deux différences majeures entre le SIBO et l’IMO.

Différences entre SIBO et IMO

La première différence se trouve au niveau de l’espèce microbienne ! Rappelez-vous, SIBO signifie : Small Intestinal Bacterial Overgrowth, en français : prolifération bactérienne de l’intestin grêle. Dans l’IMO nous ne retrouvons justement pas de bactéries, donc le « B » de l’acronyme « SIBO » n’est pas correct.

La deuxième différence se trouve au niveau de la localisation de cette prolifération. En effet, là où le SIBO ne touche que l’intestin grêle, l’IMO touche, quant à lui, tout le tube digestif, donc le « SI » de l’acronyme « SIBO » qui signifie en français « intestin grêle » ne correspondait pas non plus pour la prolifération d’archées.

Au vu de ces 2 différences, les chercheurs ont proposé de nommer ce type de prolifération : Intestinal Methanogen Overgrowth, c’est-à-dire en français : Prolifération Intestinale de Méthanogènes.

C’est bel et bien le cas ici, on se retrouve avec des méthanogènes (archées) qui produisent du méthane dans tout le tube digestif.

La principale archée responsable de la production de méthane est :

● Methanobrevibacter smithii

SIBO symptômes : différence SIBO et IMO

Les images sont la propriété de @joris_naturopathe. Toute copie est interdite

Pourquoi est-ce important de distinguer ces différents types de prolifération ?

Parce que chacune de ces proliférations (SIBO & IMO) va provoquer des symptômes bien particuliers. Encore mieux, lorsque l’on arrive à éradiquer ces bactéries ou ces méthanogènes, on peut, chez certaines personnes, complètement inverser les troubles digestifs, ce qui est absolument considérable. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une multitude de conseils, plantes ou autres astuces pour calmer ces microbes à l’origine de vos symptômes digestifs !

SIBO et gaz : qu’est-ce qui cause le SIBO ?

La plus grande cause du SIBO ou d’IMO est le dysfonctionnement du complexe moteur migrant. Le complexe moteur migrant est un type de motilité intestinale qui apparaît lorsque nous jeûnons, donc entre les prises alimentaires. Son rôle principal est justement de créer une sorte de vague de nettoyage dans notre intestin.

En étant altéré, le complexe moteur migrant ne peut plus initier sa vague de nettoyage, ce qui va permettre aux bactéries et méthanogènes de rester sur l’intestin, proliférer, produire des gaz et induire les symptômes que nous connaissons.

Chez une personne en bonne santé, le complexe moteur migrant n’est pas altéré, la vague de nettoyage se met en place correctement, si bien qu’aucune prolifération n’apparaît. Ces personnes saines pourront consommer autant de fruits, légumes, légumineuses qu’elles veulent, elles n’auront pas ou peu de symptômes de ballonnements ou ventre gonflé

SIBO et gaz

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Comment la motilité s’est-elle altérée dans le SIBO ?

C’est une bonne question et je vais tenter d’y répondre. Tout d’abord, sachez que plusieurs pathologies peuvent altérer la motilité de l’intestin, en voici quelques-unes.

  • Rectocolite hémorragique : les crises à répétition peuvent affecter la motilité de l’intestin.
  • Maladie de Crohn : surtout si vous avez eu des opérations du grêle.
  • Maladie thyroïdienne : les hormones thyroïdiennes peuvent modifier la motilité de votre intestin.
  • Le diabète : l’excès de sucre sanguin peut détériorer la motilité intestinale.
  • Le syndrome d’Ehler Danlos : une maladie qui touche le tissu conjonctif pouvant affecter la motilité de l’intestin.
  • La maladie de Parkinson.
  • La sclérodermie.

Si vous ne souffrez d’aucune de ces pathologies, vous vous demandez sûrement d’où pourrait provenir votre SIBO. La cause est très probablement l’intoxication alimentaire.

SIBO et intoxication alimentaire

Comment une simple intoxication alimentaire, peut, chez certains, déclencher une altération de la motilité et donc à terme un SIBO ? Je vais vous l’expliquer avec le cas d’une personne que j’ai reçue en consultation.

Élizabeth a 30 ans, elle est venue me voir début 2021 pour l’aider à mieux vivre avec ses troubles digestifs :

  • Ballonnements, ventre gonflé, gaz intestinaux
  • Diarrhées,
  • Parfois constipation,
  • Intolérances alimentaires de plus en plus importantes,
  • Incapacité à prendre du poids,
  • Carences alimentaires,
  • Fatigue.

En consultation, j’aime ratisser large autour du moment où la personne a commencé à développer ses premiers symptômes, et c’est là qu’il va vous falloir être attentif.

Élizabeth a vu ses symptômes arriver du « jour au lendemain », vers décembre 2019.

Elle ne comprend pas pourquoi, car elle n’a jamais souffert de troubles digestifs par le passé. Le mois précédent (novembre 2019), il ne s’est rien passé de particulier, ni le mois d’avant (octobre 2019).

En revanche, Élizabeth déclare être allée au Mexique en septembre 2019, où elle pense avoir mangé un « truc pas frais ». Elle a alors eu des nausées et des diarrhées, la nuit qui suivit. Le lendemain, plus aucun symptôme, elle se sentait très bien et a pu finir son voyage sans aucun problème. Or, lorsqu’Élizabeth passe son test SIBO quelques mois après, celui-ci revient positif, ce qui n’est pas étonnant.

Les médecins lui avaient déjà parlé d’un syndrome de l’intestin irritable type diarrhée : SII-D. La cause de ce SII-D était probablement un SIBO causé par cette intoxication alimentaire vers le mois de septembre 2019.

Que s’est-il passé pour qu’Élizabeth se sente mal plusieurs mois après l’intoxication alimentaire ?

Au moment où elle fait son intoxication alimentaire, il se passe quelque chose d’anormal dans son corps. Elle est intoxiquée par une bactérie nommée Campylobacter jejuni, cette dernière se trouvait probablement dans sa nourriture. Campylobacter jejuni n’est pas anodine, c’est la bactérie responsable de diarrhées infectieuses dans le monde (intoxication alimentaire). Elle est capable de produire une toxine nommée : Cytolethal Distending Toxin-B : CDT-B.

Cette toxine, CDT-B, est très étrange, puisqu’elle partage des similarités très importantes avec un composant dans notre intestin nommé « vinculine ». La vinculine, c’est un peu comme un pacemaker qui participe à la motilité de l’intestin. C’est grâce à cette vinculine qu’existe le complexe moteur migrant.

Vous allez me dire : « Oui et alors qu’est-ce que cela peut faire si la toxine bactérienne CDT-B ressemble à la vinculine ? » Cela change tout en réalité !

Votre système immunitaire va tenter, dans un premier temps, de détruire la bactérie Campylobacter jejuni et sa toxine CDT-B. Au même moment, il va enregistrer le profil de la toxine pour s’en souvenir au cas où elle revienne dans le futur. Enfin, dans un deuxième temps, et c’est à ce moment-là que tout dégringole, votre système immunitaire va se tromper et croire que la vinculine est en fait la toxine CDT-B.

Par un mécanisme auto-immunitaire, le système immunitaire va s’attaquer à la vinculine, altérant la motilité de l’intestin. Cette altération permet donc aux bactéries qui se trouvent dans l’intestin grêle de proliférer et fermenter sans jamais être évacuées. Ce mécanisme immunitaire peut mettre jusqu’à 3 mois 4, voire plus, après l’intoxication pour s’installer.

Bien entendu, l’intoxication n’est pas la seule cause du SIBO. Il en existe plusieurs, (dont certaines ont été mentionnées précédemment), mais il semblerait que ce soit l’une des causes principales. La plupart du temps, les gens ne se souviennent même pas avoir eu d’intoxication alimentaire. Il est crucial de comprendre que le risque de développer un SIBO après une intoxication alimentaire varie d’une personne à l’autre. Certaines personnes peuvent nécessiter plusieurs intoxications avant de souffrir de SIBO, tandis que d’autres peuvent développer ce problème après une seule intoxication alimentaire.

Voici une image explicative

SIBO intoxication alimentaire

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De façon simplifiée et concise, votre corps s’attaque lui-même au mécanisme (complexe moteur migrant) qui permet d’évacuer les bactéries se trouvant dans votre intestin grêle. Ce mécanisme, maintenant altéré, ne peut plus faire son travail d’évacuation, c’est le début de la prolifération bactérienne, c’est le début du SIBO.

IMO : quelles sont les causes ?

Ce n’est pas encore très bien décrit, mais, a priori, il semblerait que les causes soient les mêmes que pour le SIBO. Étrangement, les troubles du comportement alimentaire (TCA), surtout ceux visant à restreindre la prise alimentaire, sembleraient favoriser l’émergence des archées (méthanogènes produisant du méthane CH4).

Les méthanogènes pourraient se complaire dans la restriction calorique. En pratique, une grande partie des personnes souffrant de TCA qui viennent me consulter pour accompagner leurs troubles digestifs ont très souvent un IMO (excès de méthanogènes) dans les intestins avec de la constipation, parfois très sévère. Tout cela est encore un peu flou, mais il semblerait qu’il y ait un lien entre la gestion du poids et la prolifération de méthanogènes. Il faudra davantage d’études pour y voir plus clair.

Les symptômes du SIBO

Les deux différents types de SIBO, c’est-à-dire le SIBO à hydrogène (H2) et le SIBO à sulfure d’hydrogène (H2S) provoquent tous deux de la diarrhée.

La différence importante entre les deux, c’est que le

Symptômes SIBO sulfure d’hydrogène H2S :

  • Flatulences ayant une odeur d’œuf à cause des composés sulfurés produits par les bactéries.
  • Douleurs vives
  • Diarrhées
  • Ballonnements, ventre gonflé

Symptômes SIBO hydrogène H2 :

  • Selles plutôt molles,
  • parfois de la diarrhée,
  • Ballonnements ventre gonflé
  • Flatulences.

La caractéristique différente ici est que les flatulences n’ont pas particulièrement d’odeurs.

Symptômes IMO méthane CH4 :

  • Constipation, parfois très sévère et des
  • Ballonnements ventre gonflé
  • Inconfort constant dans la journée.
  • Sensation de “trop plein”
  • Douleurs

symptômes SIBO

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L’ensemble des symptômes du SIBO et de l’IMO

Les symptômes du SIBO et IMO ressemblent à ceux de plusieurs autres pathologies intestinales

Il existe 2 formes de symptômes dans le SIBO ou l’IMO :

  • Les symptômes primaires
  • Les symptômes secondaires

SIBO symptômes

 

Le diagnostic du SIBO

Quel est le meilleur test SIBO pour savoir si on est atteint ?

Comment est diagnostiqué le SIBO ?

Le test respiratoire est la technique la plus utilisée, mais il en existe d’autres !

Voici les 3 techniques de diagnostics du SIBO

1. L’aspiration (avec culture) du liquide de l’intestin grêle. C’est la méthode la plus fiable mais la plus onéreuse et invasive. Elle est peu utilisée en France (voire pas du tout).

2. Le test respiratoire (SIBO test ou breath test), le moins cher, moins fiable que l’endoscopie avec culture, mais suffisamment pour diagnostiquer le SIBO et l’IMO.

3. La prise de sang dosant les anticorps anti-vinculine, anti-CDTB, mais elle n’est disponible qu’aux États-Unis.

L’aspiration du liquide de l’intestin grêle par endoscopie5, 7, 6

L’aspiration et la culture du microbiote du grêle (via l’endoscopie) est considérée comme étant la meilleure technique de diagnostic du SIBO. Pour faire simple, on fait entrer un endoscope par la partie haute du tube digestif. Le médecin collecte, via un cathéter, le liquide présent dans le duodénum et/ou jéjunum (les deux premières parties de l’intestin grêle). Une fois qu’il a prélevé 3 à 5 ml de liquide, il l’envoie au laboratoire pour analyser la quantité de bactéries présentes dans l’intestin grêle. Si la quantité bactérienne dépasse une certaine norme (fixée à ce jour à > 103), alors vous êtes diagnostiqué SIBO.

Le souci avec cette méthode, c’est qu’elle est chère, invasive et qu’elle prend du temps. Il a donc fallu trouver une solution plus simple et moins chère.

La prise de sang dosant les anticorps anti-vinculine, anti-CDTb8

Cette technique est encore en phase de test. Elle est novatrice et très intéressante mais n’existe à ce jour qu’aux États-Unis. Le but est de rechercher les anticorps qui s’attaquent à votre vinculine.

Vous vous souvenez, la vinculine est le composant de votre corps qui permet au complexe moteur migrant de fonctionner, permettant à la vague de nettoyage de se produire. En résumé, on cherche à savoir si votre système immunitaire ne s’attaque pas lui-même à votre intestin et plus exactement à votre motilité intestinale. Cette technique permet le diagnostic du SIBO faisant suite à une intoxication alimentaire, mais pas des autres types de SIBO (pouvant être secondaires à des pathologies comme la maladie de Crohn par exemple).

Des études sont encore en cours pour valider et internationaliser cette technique de diagnostic.

SIBO : le test respiratoire à hydrogène et méthane expirés6,7

Le test respiratoire (breath test) est la technique la plus simple, la moins chère et la plus rapide pour le diagnostic du SIBO et de l’IMO. Elle n’est pas aussi fiable que la première et il existe encore des débats scientifiques autour du test respiratoire[390], mais il reste l’outil le plus simple pour diagnostiquer le SIBO et l’IMO, en attendant une technique encore plus précise[391], [392].

Le professionnel de santé devra faire attention à plusieurs critères qui l’aideront à déterminer la pertinence et la validité du test respiratoire. Il est important de mentionner qu’il est nécessaire de faire une préparation au test respiratoire (un peu comme la coloscopie) avec un régime alimentaire adapté la veille du test.

Voici un petit guide de préparation du test respiratoire au SIBO gratuit (se basant sur le constat des scientifiques) :

Cette préparation est primordiale et peut altérer la fiabilité du test si elle n’est pas faite de façon optimale. Concernant le SIBO type sulfure d’hydrogène, il n’est, à ce jour, pas possible de réaliser le diagnostic en France avec le test respiratoire classique puisque nous n’avons pas la technologie nécessaire.

Le principe du test respiratoire SIBO et IMO

test de SIBO

Comment est-ce possible d’analyser la quantité de bactéries ou de méthanogènes dans l’intestin, via un test analysant l’air que l’on expulse des poumons ?

Cela paraît impensable à première vue. Vous avez raison, c’est étrange, mais finalement… pas tant que cela.

On sait depuis des années voire des décennies que les bactéries sont capables de produire des gaz particuliers.

Pour rappel, les bactéries comme Klebsiella et E. coli (que l’on retrouve en grande quantité dans le SIBO H2) sont capables de produire de l’hydrogène (H2). On sait aussi que les méthanogènes comme M. smithii (que l’on retrouve en grande quantité dans l’IMO) sont capables de produire du méthane (CH4). Enfin, il est connu que les bactéries sulfato-réductrices comme Desulfovibrio et Fusobacterium (que l’on retrouve en grande quantité dans le SIBO H2S) sont capables de produire du sulfure d’hydrogène (H2S).

Votre paroi intestinale est capable d’absorber ces gaz et de les transmettre dans la circulation sanguine. Ils vont alors voyager dans votre corps jusqu’à ce qu’ils soient expulsés par vos alvéoles pulmonaires : votre souffle.

Chez une personne qui n’a pas de prolifération, la réabsorption de ces gaz via l’intestin sera insignifiante et très peu détectable par un test respiratoire. En revanche, une personne qui souffre de SIBO aura une quantité de gaz dans le souffre plus importante, ce qui permettra de mettre en évidence sa prolifération bactérienne (ou de méthanogènes). Avant la mesure des gaz présents dans votre souffle, on va vous faire ingérer un sucre : le glucose ou le lactulose (attention, on ne parle pas du lactose, sucre du lait, mais du lactulose, qui est également un sucre, différent du lactose).

Test respiratoire SIBO

 

Pourquoi consomme-t-on du sucre avant de faire le test respiratoire ?

Rappelez-vous, les bactéries ont besoin de « manger » du sucre pour pouvoir fermenter et produire des gaz (H2, CH4, ou H2S). L’ingestion de sucre permet de s’assurer de la fermentation toute la durée du test.

Les résultats du test respiratoire

Le médecin qui vous fait passer le test pourra analyser et interpréter vos résultats. On estime qu’on est diagnostiqué SIBO lorsque les niveaux d’hydrogène sont > 20 ppm 7. Pour le diagnostic de l’IMO, il conviendra de regarder les niveaux de méthane, non ceux d’hydrogène, et le seuil de diagnostic est > 10 ppm 7. Souvent lorsque l’on fait un test respiratoire, on s’attarde sur le SIBO uniquement (colonne de l’hydrogène), si bien que certains professionnels de santé peuvent passer à côté de l’IMO (colonne de méthane). Il est important d’être attentif à la colonne du méthane si vous souffrez de constipation.

Les résultats se présentent de deux façons :

  1. Un graphique en courbe qui pointe les résultats de chaque tube
  2. Un tableau qui liste les résultats de chaque tube selon l’heure de collecte des gaz.

test SIBO et IMO

test SIBO bactanalyse

Test anonyme : air collectée et analysée avec une machine QUINTRON. Kit provenant du laboratoire Bactanalyse

SIBO traitement : antibiotiques

La partie qui vous intéresse sûrement le plus est celle qui consiste au traitement du SIBO. Officiellement, seule l’antibiothérapie est reconnue et conseillée dans le traitement du SIBO. Je n’ai absolument rien contre les antibiotiques, j’ai effectivement constaté en pratique qu’ils peuvent être d’une très grande aide et rapidement !

Certaines personnes souhaitent cependant ne pas recourir aux antibiotiques (pour différentes raisons), ainsi d’autres alternatives peuvent être proposées se basant toujours sur la science.

A ce jour, une seule étude montre une efficacité identique entre phytothérapie et antibiothérapie dans l’éradication du SIBO. Nous détaillerons les plantes qui ont été étudiées dans cette publication.

De l’autre côté, la prise de probiotique est controversée, nous verrons les « pour » et les « contre ».

Les antibiotiques dans le traitement du SIBO

Rifaximine et SIBO

La rifaximine est l’antibiotique le plus efficace et le plus utilisé dans le traitement du SIBO (hydrogène et sulfure d’hydrogène). Mais en France, elle n’est délivrée que par les gastro-entérologues dans les pharmacies hospitalières pour le traitement de l’encéphalopathie hépatique. En effet, ce médicament n’a pas d’autorisation de mise sur le marché pour le traitement du SIBO. La sécurité sociale fait en sorte de contrôler sa prescription car une boîte de rifaximine coûte environ 250 à 400 euros. Le pourcentage d’efficacité de la rifaximine dans le traitement du SIBO est de 61 % à 78 %13.

Néomycine et IMO

La néomycine est utilisée dans le traitement de l’IMO en association avec la rifaximine. La néomycine peut faire « peur » car des cas de surdité peuvent apparaître après sa prise (seulement à forte dose). En France, la prescription de néomycine n’est pas du tout considérée dans le traitement de l’IMO. Le pourcentage d’efficacité de la néomycine est de 33 % à 55 %13.

Métronidazole et SIBO/IMO

Le métronidazole (Flagyl®) est l’un des antibiotiques les plus utilisés, en pratique, en France pour l’éradication du SIBO. Il est moins efficace que la rifaximine mais peut quand même donner de bons résultats. Le pourcentage d’efficacité du métronidazole est de 43 % à 87 %13.

Il représente une bonne alternative et peut être utilisé pour le traitement du SIBO et de l’IMO.

Il existe d’autres antibiotiques qui pourraient fonctionner dans l’éradication du SIBO-IMO mais leur prescription est moins courante !

antibiotique SIBO

Paradoxe antibiotiques et SIBO : efficaces ou nuisibles ?

C’est une question qui revient très souvent. Certains font un lien entre la prise d’antibiotiques de façon répétée et l’arrivée des troubles digestifs. En effet, ce n’est pas une nouveauté, on sait que les antibiotiques peuvent altérer le microbiote intestinal lorsqu’ils sont pris de façon répétée ou sur le long terme. À la suite de cette prise d’antibiotiques, il ne serait pas impossible qu’un déséquilibre arrive et permette une prolifération (SIBO).

Alors est-ce bénéfique de prendre des antibiotiques lorsque l’on a un SIBO ?

En fait, cela dépend du type d’antibiotique. Il y a des antibiotiques qui ont des effets systémiques, c’est-à-dire un effet antibiotique dans l’organisme entier, et d’autres qui ont un effet antibiotique plutôt localisé. À ce jour, parmi les antibiotiques efficaces dans le traitement du SIBO, seule la rifaximine a montré un effet localisé sans détériorer le microbiote intestinal17, 18, ce qui en fait un antibiotique de choix pour le traitement du SIBO.

Traitement naturel du SIBO !

Souvent considérées comme un traitement naturel du SIBO, les plantes peuvent également avoir un effet antimicrobien intéressant dans la prise en charge du SIBO.

En effet, une étude19 de 2014 conclut que la phytothérapie est au moins aussi efficace que la rifaximine dans la résolution du SIBO diagnostiqué par test respiratoire au lactulose.

Cette découverte permet de résoudre plusieurs problèmes qui pourraient se poser avec la prise d’antibiotiques. Premièrement, le risque de résistance aux antibiotiques qui peut se poser lorsque l’on a recours, de façon répétée, à la prise d’antibiotiques pour éradiquer le SIBO. De plus, dans cette étude, les antibiotiques ont été responsables de 9 % d’effets secondaires (incluant 1 cas d’infection au Clostridium difficile post-antibiotique) là où, pour les antimicrobiens à base de plantes, on constate 1 % d’effets indésirables (diarrhées).

L’efficacité des antimicrobiens dans cette étude est de 46% comparé à 34% pour la rifaximine.

La prise d’antimicrobiens semble donc être une alternative intéressante aux antibiotiques pour éliminer le SIBO.

Plusieurs plantes ou mélanges de plantes ont été utilisés :

  • CandiBactin AR®
  • CandiBactin BR®
  • FC Cidal®
  • Dysbiocide®

Il peut être compliqué de trouver ces compléments alimentaires en France, ainsi, je vais vous donner la liste des produits qu’ils contiennent, afin que vous puissiez faire vos propres recherches. N’oubliez pas que, comme les médicaments, les plantes peuvent avoir des effets indésirables pouvant parfois même mener à l’hépatite médicamenteuse. Je vous recommande vivement d’être accompagné avant de prendre telle ou telle plante.

Voici la liste des ingrédients qui composent ces produits.

SIBO traitement naturel

Quels sont les effets de certaines de ces plantes sur les bactéries ?

SIBO traitement naturel

La combinaison de plusieurs de ces plantes permet une couverture à large spectre contre les coliformes entériques.36,37

Ebook : en finir naturellement avec le SIBO

mon guide SIBOPour en savoir plus sur les plantes et le SIBO/IMO notamment :

  • Quelles sont les meilleures pour chaque type de SIBO ?
  • Où trouver les plus efficaces en ligne
  • Quelle dose prendre
  • Combien de temps les prendre
  • Peut-on ajouter autre chose pour augmenter la vitesse d’éradication?

SIBO info : vous aurez également plus d’informations sur :

  • Test SIBO (breath test) à l’hydrogène et au méthane
  • Comment préparer son test respiratoire SIBO
  • SIBO et alimentation : quels sont les meilleurs régimes et et les aliments à éviter
  • SIBO et gaz : comment apparaissent les gaz intestinaux, le ventre gonflé dans le SIBO
  • SIBO et malabsorption : pourquoi vous avez de plus en plus d’intolérances alimentaires et comment y remédier
  • SIBO maladie : qu’est-ce que le SIBO, quels sont les perspectives et les attentes réalistes que peuvent avoir les traitements naturels du SIBO.

Télécharger l’ebook

Les probiotiques et le SIBO

probiotique et SIBOOn me pose régulièrement cette question : « Mais, les probiotiques aggravent le SIBO, non ? » La réponse est un peu plus nuancée.

En effet, il est fréquent de constater une accentuation des ballonnements après la consommation de probiotiques. Cependant, il peut arriver que certaines personnes souffrant de SIBO se sentent mieux lors de la prise de certains d’entre eux.

Que vous soyez professionnel ou un malade curieux d’en savoir plus sur les probiotiques et le SIBO, j’ai justement créé une masterclass

Le but de cette masterclass est simple :

  • Faire le tour de toutes les études actuellement publiée concernant les probiotiques et le SIBO
  • Quels sont les probiotiques qui ont montré une efficacité dans l’éradication du SIBO ?
  • Quels sont les probiotiques qui aggravent le SIBO
  • Quel protocole probiotique mettre en place pour le SIBO
  • Quel protocole probiotique mettre en place pour l’IMO
  • Où trouver les probiotiques ?
  • Quelle dose ?
  • Quelle durée ?
  • Peut-on ajouter autre chose pour augmenter la vitesse d’éradication?

Consulter la masterclass

En revanche, il est important de mentionner que les probiotiques modifient le microbiote intestinal seulement lors de la prise. À l’arrêt des probiotiques, l’intestin retrouve le microbiote qu’il avait avant38,39,40,41

 

SIBO et alimentation

Au moment où j’écris cet article, aucune étude scientifique n’a démontré l’efficacité d’un régime particulier dans le traitement du SIBO. Nous le savons, jusqu’à 70 % des personnes souffrant du SII peuvent aussi avoir un SIBO, ce qui laisse penser que le régime pauvre en FODMAP pourrait aider.

Bien que le régime sans Fodmaps soit étudié dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable, il n’est pas clair s’il est utile ou nécessaire pour les patients atteints de SIBO, surtout sur des périodes prolongées42.

Il est parfois constaté que la phase 1 du protocole, consistant à restreindre de façon importante les Fodmaps, peut fonctionner pour calmer les symptômes.

En revanche, la phase 2 qui consiste à réintroduire les Fodmaps est souvent chaotique, et c’est « normal ». En effet, tant que la prolifération bactérienne est présente dans l’intestin, elle fermentera tous les aliments que vous réintroduirez.

Régimes et SIBO : Bi-phasique, glucides spécifiques, sans fermentation

Aux États-Unis, Royaume-Uni ou encore en Australie, différentes diètes ont été mises au point (de façon empirique) pour maîtriser les symptômes du SIBO. Elles ont toutes un point en commun avec le régime sans Fodmaps : la réduction des aliments fermentescibles.

Il en existe 3 principales :

  • Le régime en glucides spécifiques,
  • Le régime en glucides spécifiques + sans Fodmaps combinés,
  • Le régime sans fermentation.

Le régime en glucides spécifiques dans le traitement du SIBO

Le régime en glucides spécifiques est un régime nutritionnel sans céréales, sans sucre (ou presque) et sans lactose. Il a été mis au point par le Dr Sidney Haas, pédiatre, dans les années 1920 pour traiter la maladie cœliaque. En 1987, Elaine Gottschall a publié Breaking the Vicious Cycle43 (Rompre le cercle vicieux), après que la maladie inflammatoire de l’intestin de sa fille ait été améliorée grâce à l’application du régime en glucides spécifiques.

Depuis, la science s’est effectivement intéressée à ce régime. Il existe plusieurs publications scientifiques concernant ce régime alimentaire dans le traitement potentiel de la maladie de Crohn avec des résultats très intéressants, allant jusqu’à la mise en rémission pour certains patients atteints de Crohn.

L’efficacité de ce régime dans le traitement du SIBO n’a jamais vraiment été démontrée scientifiquement. Le fonctionnement de ce régime pour diminuer les symptômes du SIBO est similaire à celui du régime sans Fodmaps : la suppression d’un maximum de glucides et sucres qui sont souvent des aliments fermentescibles. Bien qu’effectivement il permette parfois de calmer les symptômes du SIBO, il ne traite pas le fond du problème (comme pour le régime sans Fodmaps).

Quels sont les aliments autorisés et les aliments à éviter44, 45 ?

régime SIBO

SIBO aliments à éviter

Cette liste n’est pas exhaustive.

Il existe de nombreuses différences entre le régime en glucides spécifiques et le régime sans Fodmaps. Le régime en glucides spécifiques autorise, par exemple, tous les fruits et les légumes qui sont pourtant connus pour indisposer les personnes qui souffrent du SII[422] et même du SIBO. D’un autre côté, le régime Fodmaps autorise le riz et les pommes de terre. Or, on remarque parfois que certaines personnes atteintes du SIBO se plaignent de ventre gonflé ou trouble du transit à la suite d’une consommation de pomme de terre ou de riz, pourtant naturellement pauvres en Fodmaps.

Ainsi, pour limiter au maximum ces réactions de fermentation à l’origine des ballonnements et troubles du transit que l’on retrouve dans le SIBO, des naturopathes anglo-saxons ont eu l’idée de combiner ces deux régimes : le régime en glucides spécifiques + le régime sans Fodmaps. Notamment le Dr Siebecker et le Dr Jabobi.

Dans la pratique, ce régime peut être intéressant pour diminuer les symptômes des personnes qui souffrent du SIBO ou de l’IMO, cependant, il y a plusieurs précautions à prendre.

Il est important de s’assurer que le régime ne causera pas une perte de poids excessive chez les personnes qui le mettent en place.

  • S’assurer que la personne ne risque pas de développer des carences alimentaires.
  • Il est déconseillé pour les personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire.
  • Le côté émotionnel et psychologique est aussi à prendre en compte : se renfermer dans un régime alimentaire strict peut isoler la personne qui le met en place.
  • Il faut se rappeler que ce régime alimentaire strict ne « guérit » pas du SIBO, il permet seulement de maîtriser les symptômes.

Si vous souhaitez mettre en place cette diète, je vous recommande d’être accompagné par un professionnel de santé.

Le régime sans fermentation pour prévenir les rechutes du SIBO

Le régime sans fermentation est un régime créé par le centre américain Cedars-Sinaï, notamment dans l’unité de recherche du Dr Mark Pimentel. Comme vous allez le voir par la suite, ce n’est pas un régime au sens strict comme peut l’être le régime sans Fodmaps, mais plutôt des conseils généralistes visant à réduire les réactions de fermentation. Il se met généralement en place après la phase d’éradication.

Ce régime agit sur 2 plans différents :

  • La réduction des aliments fermentescibles, ce qui a une action directe sur le microbiote ;
  • L’espacement des repas, ce qui a une action directe sur la motilité de l’intestin.

Là où le régime sans FODMAP peut être considéré comme un traitement du syndrome de l’intestin irritable, le régime sans fermentation est plutôt considéré comme une prévention des rechutes du SIBO après éradication.

Le régime sans fermentation prône, en plus de la réduction de certains aliments fermentescibles, des phases de jeûne interprandiales. C’est durant ces phases de jeûne entre les repas que le complexe moteur migrant peut se mettre en place et éjecter les bactéries vers la sortie. Si vous mangez toutes les 2 à 3 heures, les vagues de nettoyages seront interrompues et ne permettront plus l’évacuation des déchets et des bactéries, ce qui n’est pas souhaité chez les personnes atteintes de SIBO.

régime SIBO

Les grandes lignes alimentaires du régime sans fermentation46

alimentation et SIBO

Il ne s’agit pas de mettre en place un régime strict, le but est de pouvoir profiter au maximum sans privation. Mis à part quelques restrictions – sodas, certains légumes, légumineuses et céréales complètes –, le reste ne devrait pas poser trop de problème (seulement si le SIBO a été éradiqué en amont).

Est-il obligatoire de suivre un régime alimentaire pour traiter efficacement le SIBO ?

Non, comme évoqué précédemment, aucun régime alimentaire n’a démontré d’efficacité dans le traitement du SIBO ou de l’IMO. Cependant, la mise en place d’un régime visant à réduire les glucides fermentescibles peut être intéressante pour gérer au mieux ses symptômes. Le seul traitement bien établi pour éradiquer le SIBO reste, à ce jour, la prise d’antibiotique.

Les liens entre le SIBO et d’autres problèmes de santé

Il existe des liens entre le SIBO (pullulation bactérienne de l’intestin grêle) et d’autres problèmes de santé. Notamment 4 principaux :

  • La rosacée
  • La fibromyalgie
  • La cystite interstitielle
  • Le syndrome des jambes sans repos !

Non seulement il y a des connexions avec ces pathologies, mais on note aussi une amélioration de ces pathologies à la suite d’une éradication du SIBO.

Les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent moins de douleurs musculaires et articulaires, les personnes atteintes de rosacée ont moins de rougeurs sur le visage, voire une disparition totale des poussées de rosacée. Les symptômes de la cystite interstitielle diminuent ainsi que ceux du syndrome de jambes sans repos.

Il existe plusieurs études démontrant l’amélioration de ces pathologies à la suite d’une éradication du SIBO. En revanche, il est important de souligner que ces études n’ont pas un niveau de preuve scientifique suffisamment important pour que ces pratiques soient généralisées dans le milieu médical (ce qui est dommage).

Pourquoi le SIBO aggrave-t-il ces pathologies ?

Il est difficile d’être clair vis à vis du mécanisme d’action exact, en revanche, les chercheurs pensent que l’excès de bactéries (SIBO) dans l’intestin grêle, augmente le pourcentage de translocation bactérienne. Les translocations bactériennes c’est lorsque des fragments bactériens arrivent à pénétrer à l’intérieur du corps (c’est le cas surtout quand l’intestin n’assure plus son rôle de barrière). Certains fragments bactériens pro-inflammatoires (LPS) pourraient engendrer une inflammation sur d’autres endroits du corps (la peau dans la rosacée, les muscles / articulations dans la fibromyalgie, la vessie dans le syndrome des jambes sans repos, etc.).

Le fait de détruire le SIBO (tuer le maximum de bactéries afin que les populations bactériennes reviennent la normale) diminue le risque de translocation. Ainsi, les fragments bactériens n’ont plus l’occasion d’aller provoquer de l’inflammation à distance de l’intestin, alors les symptômes annexes se calment.

SIBO et Candida : SIFO VS SIBO ?

On entend beaucoup parler de candidose intestinale sur internet. J’émets beaucoup de doute concernant la candidose, attention, je ne nie pas son existence, je dis juste qu’en l’état actuel des connaissances, il m’apparaît un peu trop simpliste de faire un lien direct entre prolifération fongique dans l’intestin et troubles digestifs fonctionnels (diarrhées, constipation, ballonnements, intolérances alimentaires, etc.).

Pour quels raisons j’émets des doutes ?

A ce jour, au moment ou j’écris cet article, les études sont très contradictoires, concernant la flore fongique dans le syndrome de l’intestin irritable. Il est tout à fait possible que les champignons jouent un rôle dans tout ces troubles digestifs, mais le plus souvent nous voyons que c’est associé à une prolifération bactérienne (SIBO) plutôt que fongique.

Aux USA, nous parlons de SIFO : Small Intestinal Fungal Overgrowth. C’est la même chose que le SIBO sauf qu’à la place des bactéries (B) nous avons des espèces fongiques (F). Voyons en détail le SIFO

Les symptômes du SIFO

Ce n’est, à ce jour, pas très bien décrit. Une seule étude5 a permis de mettre en lumière certains symptômes notamment :

  • Douleurs abdominales chroniques ;
  • Nausées ;
  • Ballonnements ;
  • Gaz
  • Diarrhées ;
  • Indigestion.

À première vue, on pourrait facilement penser : « Effectivement, c’est sûrement ce qui est à l’origine de mes symptômes digestifs. » Seulement lorsque l’on regarde l’étude on peut voir qu’en réalité, les personnes souffraient aussi et surtout de SIBO (74 %).

Comment diagnostiquer un SIFO ?

SIBO et candidaTout comme pour le SIBO, le diagnostic ne devrait pas être basé uniquement sur les symptômes. En effet, nombreuses sont les pathologies qui partagent les mêmes symptômes digestifs. À ce jour, les techniques de diagnostic sont débattues, mais la meilleure façon de faire serait l’aspiration du liquide de l’intestin grêle par endoscope, identique à celle du SIBO.

Cette technique comporte cependant un problème concernant le SIFO, puisque les normes permettant son diagnostic ne sont pas claires47. Certains chercheurs pensent que la limite devrait être la même que celle qui permet le diagnostic du SIBO (103 CFU/ml), mais cela reste incertain et demande encore des recherches approfondies.

Les techniques de diagnostic visant à doser les métabolites organiques urinaires

Dans les milieux de la santé naturelle, beaucoup de praticiens utilisent le dosage des métabolites organiques urinaires (Test MOU pour la candidose) pour détecter la présence de proliférations fongiques.

Pour faire simple, on suppose que si vous avez une prolifération fongique dans l’intestin, on devrait pouvoir retrouver les molécules sécrétées par ces champignons dans vos urines.

En fonction d’un certain seuil, on pourrait avoir une idée de la quantité de champignons se trouvant dans vos intestins. Cependant, cette technique ne peut pas diagnostiquer de façon officielle le SIFO, elle donne une idée (non médicalement reconnue), plus ou moins fiable. Les techniques de diagnostic du SIFO sont encore floues et peu précises au moment où j’écris cet article. Cependant, de nouveaux outils de diagnostic du microbiote intestinal devraient voir le jour prochainement, ce qui permettra d’en savoir plus quant au microbiote de l’intestin grêle, qu’il soit bactérien ou fongique.

Elemental Diet : la diète élémentaire et le SIBO 

Une étude de 200448 a montré une efficacité de 80 à 85 % de l’Elemental diet dans le traitement du SIBO. Les malades souffraient de diarrhées, de constipation ou d’une alternance diarrhée/constipation en plus de ballonnements. Avant la mise en place de la diète élémentaire, les patients avaient déjà tenté une cure d’antibiotiques, mais sans efficacité particulière. Les médecins ont donc proposé d’avoir recours à la diète élémentaire sur une durée de 14 jours. La marque des poudres alimentaires utilisées dans le cadre de l’étude est Vivonex.

Au bout de 14 jours, la très grande majorité (80 %) des malades avait pu éradiquer le SIBO. Les 20 % restants ont été invités à poursuivre la diète élémentaire sur une troisième semaine, ce qui totalise 21 jours. Au terme des trois semaines, l’éradication du SIBO a progressé pour atteindre 85 %.

Comment fonctionne l’Elemental diet (ED) dans le SIBO ?

Son intérêt premier est l’assimilation rapide des nutriments. Si les nutriments sont absorbés très rapidement, la nourriture disponible pour les bactéries sera donc très limitée voire inexistante, ce qui va les affamer puis décimer totalement leur population. Mais ce n’est pas la seule explication. Il a été démontré que l’Elemental diet stimulait la vidange de la vésicule biliaire49,50 . On sait aussi que les acides biliaires stimulent le complexe moteur migrant51,52 (le mécanisme défectueux dans le SIBO). En augmentant l’activité du complexe moteur migrant, on stimule la vague de nettoyage de l’intestin, ce qui permettrait de se débarrasser de l’excès de bactéries à l’origine des symptômes. 

Enfin, le système immunitaire pourrait également avoir son rôle à jouer dans l’efficacité de l’Elemental diet puisque certaines études53 montrent que ce régime permettrait d’augmenter la production d’immunoglobulines (anticorps). Il est possible que le système immunitaire, en étant stimulé par l’ED se débarrasse efficacement de l’excès bactérien retrouvé dans l’intestin.

Mon avis sur l’Elemental diet

Bien que l’efficacité de la diète élémentaire pour traiter le SIBO soit prometteuse, il y a encore peu d’études à ce sujet, ce qui est dommage. De plus, le respect d’un protocole aussi strict sur 14 jours peut avoir un impact important sur la vie sociale, psychologique et la santé de la personne. Même si les risques de dénutrition sont en partie couverts par l’ingestion quotidienne de nutriments, les personnes peuvent perdre du poids, ce qui est à éviter chez certains malades du SIBO qui souffrent déjà de malnutrition.

D’un point de vue économique, les poudres nutritionnelles (Elemental diet) peuvent être onéreuses. À ma connaissance, il n’existe pas de prise en charge de la Sécurité sociale pour la mise en place de la diète élémentaire dans le traitement du SIBO. Vivonex est une marque américaine, il est donc difficile de la trouver en France. Malgré tout, certains sites américains peuvent livrer des poudres nutritionnelles en France qui s’apparentent à celles de Vivonex, notamment la marque Absorb elemental +. 

Cependant, cette marque n’a pas été officiellement testée chez les personnes qui souffrent de SIBO, donc on ne sait pas si elle est réellement efficace. Si vous souhaitez mettre en place la diète élémentaire, je vous conseille d’être, au minimum, suivi par un médecin.

Le jeûne strict est-il identique à la diète élémentaire ?

Pas vraiment, il y a plusieurs différences entre le jeûne strict et la diète élémentaire. La première étant que la diète élémentaire continue de vous nourrir, ce qui assure le bon fonctionnement de l’organisme et prévient une dénutrition possible chez certaines personnes. De plus, on ne sait pas si le jeûne stimule la vidange biliaire comme c’est le cas de l’Elemental diet. Cependant, et c’est le point positif que l’on peut accorder au jeûne, le fait de jeûner permet d’activer cette fameuse vague de nettoyage54, bien évidemment il n’est pas nécessaire de jeûner si longtemps pour qu’elle s’active, elle le fait automatiquement 1 h 30 à 2 heures après avoir mangé.

 

Conclusion et ressources

Le SIBO est une maladie du microbiote intestinal qui survient le plus souvent après une perturbation de la motilité de l’intestin. L’intoxication alimentaire semble, à ce jour, être le premier facteur à l’origine du SIBO, notamment chez les personnes diagnostiquées avec le syndrome de l’intestin irritable. Les symptômes du SIBO sont souvent les suivants : gaz intestinaux, ventre gonflé, ballonnements, diarrhées ou constipation (surtout dans l’IMO).

Pour diagnostiquer le SIBO, la façon la plus simple est le test SIBO ou test respiratoire SIBO (Brest test) au glucose ou au lactulose. Il peut être effectué à l’hôpital ou à domicile en utilisant des kits à recevoir. Si vous effectuez le test SIBO chez vous, assurez-vous de bien préparer le test respiratoire.

En ce qui concerne le traitement du SIBO, il existe 4 alternatives, dont une seule est officiellement reconnue : l’antibiothérapie, notamment la rifaximine (TIXTAR). Le traitement naturel du SIBO peut inclure des antimicrobiens classiques que nous avons mentionnés, mais sa mise en place peut être un peu plus complexe et les plantes sont à notre charge. Les probiotiques et le SIBO font encore l’objet de débats, mais certaines souches ont démontré une efficacité similaire aux antibiotiques ! Enfin, la diète élémentaire semble être une solution radicale mais comporte des risques. 

En ce qui concerne l’alimentation et le SIBO, il existe des aliments à éviter temporairement et des aliments à privilégier. L’ensemble de ces recommandations s’appuie malgré tout sur le protocole FODMAP (bien qu’à ce jour aucun régime n’ait été étudié dans le traitement du SIBO).

Voici quelques liens qui pourraient vous intéresser : 

 

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Joris Vanlerberghe
Naturopathe Spécialisé en digestion et microbiote

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