Tout savoir sur le système digestif humain : anatomie, schéma, maladies

système digestif : anatomie, schéma, maladiesLa compréhension des pathologies ou des articles mentionnés sur ce site internet peut être difficile si vous ne parvenez pas à situer les organes dans notre appareil digestif. Il est crucial de savoir localiser chaque organe spécifique, car chaque maladie du tube digestif lui est associée.

C’est notamment le cas avec le syndrome de l’intestin irritable (colon irritable), le SIBO ou l’IMO ou encore les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) : Maladie de crohn, rectocolite hémorragique.

L’objectif de cet article n’est pas de vous perdre ou de vous ennuyer, mais plutôt de présenter de manière ludique et accessible la compréhension de notre système digestif. J’ai choisi d’adopter une approche légère et agréable, afin de rendre l’apprentissage de ce sujet moins complexe.

Le système digestif commence par la bouche, où les aliments sont mastiqués et mélangés à la salive. Ils traversent ensuite l’œsophage pour atteindre l’estomac, où ils sont transformés en une bouillie par les sucs gastriques. La vidange gastrique marque le début de l’intestin grêle, où les nutriments sont absorbés par la muqueuse intestinale. Ensuite, les restes non digérés passent dans le côlon, où l’eau est absorbée et les fibres alimentaires sont fermentées par le microbiote intestinal. Enfin, les déchets non absorbés sont éliminés du corps sous forme de selles par le rectum et l’anus. Chaque étape de ce processus complexe joue un rôle crucial dans la digestion, l’absorption des nutriments et l’élimination des déchets.

La bouche

À partir du moment où vous voyez un aliment que vous souhaitez manger, votre système digestif commence déjà à travailler. Imaginez que vous soyez en face d’un plat de pâtes au fromage avec de la viande. Si vous aimez cela, votre bouche va commencer à saliver et votre estomac se tordre un peu, alors commençons par voir ce qu’il se passe organe après organe.

Lorsque les pâtes au fromage et la viande arrivent à l’intérieur de votre bouche, vous commencez à mastiquer et à saliver. La mastication va servir à broyer, écraser vos aliments en petits morceaux, ce qui facilitera la digestion par la suite. La salive possède, quant à elle, plusieurs rôles. Elle permet la prédigestion de certains de vos aliments, mais elle sert également à humidifier la nourriture afin que celle-ci puisse glisser sans encombre vers l’œsophage puis l’estomac. En réalité, nous pensons que la salive n’est qu’un simple liquide qui permet la lubrification de nos aliments, mais sa composition est particulière.

Lorsque l’on analyse notre salive, on constate la présence d’enzymes. Les enzymes sont comme des petits ciseaux minuscules qui vont venir couper (microscopiquement) nos aliments afin qu’ils soient le mieux absorbés possible. On a longtemps cru que seuls l’estomac, le foie, le pancréas et les intestins produisaient des enzymes, mais non, la salive en contient également.

Il existe plusieurs groupes d’enzymes, dont 3 principaux.

  1. Les amylases: qui « découpent » les amidons, permettant la transformation des glucides en sucres facilement absorbables par l’intestin.
  2. Les protéases: qui « découpent » les protéines en acides aminés facilement absorbables par l’intestin.
  3. Les lipases: qui « découpent » les lipides en acides gras

enzymes digestives

Dans cet article, nous verrons que chaque organe permet la production et la sécrétion de différents types d’enzymes nécessaires à l’absorption des nutriments se trouvant dans nos aliments.

Revenons à la salive… Elle contient donc des amylases qui vont venir découper les grosses molécules d’amidons que l’on retrouve dans les pâtes ou dans le pain par exemple.

Mais ce n’est pas tout ce que l’on y trouve. On peut aussi découvrir des immunoglobulines de classe A (IgA), des composants immunitaires produits par les glandes salivaires, protégeant contre les bactéries et les micro-organismes néfastes.

Dans le même temps, le cerveau envoie un message à notre estomac et à notre côlon via le nerf vague, lui indiquant que la phase de jeûne est terminée et que la phase de digestion arrive. Imaginez tout ce qu’il se passe dans votre bouche lorsque vous prenez simplement une bouchée de pâtes au fromage.

L’oesophage

L’œsophage est une sorte de tube musculaire que l’on peut voir comme un pont entre notre bouche et notre estomac. Les parois de l’œsophage vont permettre le bon acheminement des aliments en se contractant, un peu comme un ver. Ces contractions, appelées péristaltisme, permettent aux aliments d’aller vers l’avant et ne pas faire de retour arrière qui pourrait se révéler problématique. Le but étant bien évidemment d’acheminer les aliments vers l’estomac.

L’œsophage est très peu considéré dans le système digestif du fait de sa fonction quasi unique de propulsion des aliments, pourtant c’est un organe indispensable à la fonction de digestion.

L’estomac

Après avoir traversé l’œsophage, vos aliments atteignent l’estomac en passant par une petite porte nommée cardia. On en retrouve une entre l’œsophage et l’estomac et une autre entre l’estomac et le duodénum. Ces « portes » permettent d’isoler totalement l’estomac dans sa fonction de digestion et d’empêcher, normalement, les échappées d’acides. Les personnes qui souffrent de remontées acides se reconnaîtront bien là.

estomacL’estomac, qui a une forme de haricot, possède plusieurs parties ayant chacune des fonctions différentes. Comprendre le fonctionnement de l’estomac est crucial, car, étonnamment, certaines causes de ballonnements proviennent de cet organe.

L’estomac est composé de deux grandes parties : la première que l’on appelle l’estomac proximal (fundus) et l’estomac distal (antre).

Avez-vous déjà vu une centrifugeuse ou un extracteur de jus ? Il y a une partie où les fruits/légumes sont stockés (la partie haute), et une autre partie qui consiste à broyer puis évacuer les aliments (la partie basse). Votre estomac se comporte exactement comme un extracteur de jus : le fundus est la partie qui va stocker les aliments, et l’antre la partie qui va les broyer, les mélanger et les évacuer.

Lorsque vous commencez à manger, votre système nerveux envoie des messages à la première partie de l’estomac, le fundus, pour lui dire en quelque sorte : « Maintenant, c’est le moment de stocker les aliments ». Quelques minutes plus tard, votre estomac reçoit l’ordre de faire descendre petit à petit les aliments stockés dans le fundus pour aller vers l’antre, qui est donc l’endroit où ils subiront le broyage-brassage. Puis, lorsque votre repas sera réduit en purée totale, les aliments pourront enfin être vidangés dans le duodénum en passant par une petite porte appelée le pylore.

Tout cela se passe pendant la phase alimentaire. Mais alors, que se passe-t-il lorsque nous ne mangeons pas ?

L’estomac en période de jeûne

En l’absence d’aliments, c’est-à-dire en période de jeûne, l’estomac va se mettre à bouger, de façon cyclique. C’est une sorte de vague de nettoyage qui commence à se mettre en place à l’intérieur de votre estomac qui dure entre 90 et 120 minutes. Cette sorte de motilité (mouvement) de l’estomac s’appelle « le complexe moteur migrant ».

Cette phase de nettoyage, qui arrive lorsque nous jeûnons, s’arrête automatiquement dès lors qu’un aliment entre en contact avec l’estomac.

vidange gastriqueLa vidange gastrique est relativement rapide, mais dépend de la quantité et de la nature des aliments que nous consommons.

  • Les liquides sont évacués relativement rapidement, au bout de quelques dizaines de minutes.
  • Les aliments solides prennent un peu plus de temps à être évacués, environs 2 à 3 heures.
  • Les graisses mettent beaucoup plus de temps. Les personnes qui souffrent de remontées acides (RGO), de dyspepsie fonctionnelle ou encore de gastroparésie (ralentissement important de la vidange gastrique) le savent bien, les fritures ou aliments gras peuvent être à l’origine de désordres gastriques.

Vous le savez sûrement, l’une des principales sécrétions de l’estomac est l’acide chlorhydrique. Cette substance acide va jouer plusieurs rôles. L’un des rôles principaux est évidemment de permettre aux aliments d’être digérés et réduits en une sorte de bouillie. Nous sécrétons environ 2 litres à 2,5 litres d’acide par jour et ce débit de sécrétion dépend des repas.

L’acide chlorhydrique permet également de stériliser au maximum le bol alimentaire, et donc d’empêcher toute prolifération microbienne dans les parties intestinales qui suivent. Enfin, la présence d’acide permet l’activation de certaines enzymes, cette fois ce sont des enzymes permettant la digestion des protéines (les protéases), notamment la pepsine.

Comment l’estomac se protège-t-il de l’acidité qu’il produit ?

mucus estomacL’estomac peut produire une couche de mucus suffisamment épaisse pour se protéger de son environnement très acide. De ce fait, l’acide ne vient pas en contact direct avec les cellules de l’estomac. Cependant, cette couche de mucus peut être compromise, notamment en cas d’infection par la bactérie Hélicobacter pylori. Cette bactérie peut survivre dans un environnement très acide et dégrader la couche de mucus, ce qui expose les cellules gastriques à l’acide et peut causer des ulcères.

Une fois que nos aliments sont broyés, transformés en une purée, ils vont pouvoir descendre à l’étage du dessous : l’intestin grêle et notamment sa première partie, le duodénum.

L’intestin grêle

intestin grêle anatomieL’intestin grêle est un tube faisant suite à l’estomac et se redirigeant vers le côlon qui mesure environ 6 mètres, ce qui est considérable.

Il est composé de 3 grands segments :

  • le duodénum, qui est la partie faisant suite à l’estomac,
  • le jéjunum, qui est la partie faisant suite au duodénum,
  • l’iléon, qui est le dernier segment, faisant suite au jéjunumet allant vers le côlon.

Le duodénum est un organe en forme de « C », entourant la tête du pancréas. Il mesure 20 à 25 cm de long.

L’intestin grêle lui-même produit également des enzymes digestives appelées oligosaccharidases. Ces enzymes sont chargées de dégrader nos glucides (en plus des amylases) afin qu’ils soient mieux absorbés. C’est le cas notamment du fameux lactose si connu pour son intolérance.

Je vous explique cette partie en détail, car elle vous permettra de comprendre comment les intolérances alimentaires peuvent émerger dans le syndrome de l’intestin irritable ou encore le SIBO et surtout comment les corriger. Nous sommes au cœur de la compréhension des phénomènes de ballonnements et d’intolérances alimentaires.

À la différence du côlon, l’intestin grêle ne possède pas un microbiote intestinal très dense, et heureusement, sinon ces bactéries entreraient en compétition avec votre intestin grêle pour l’absorption des nutriments. Nous verrons par la suite quelles sont les protections que l’intestin possède pour éviter justement toutes proliférations bactériennes dans l’intestin grêle (SIBO).

Le duodénum

duodénum anatomie

Le duodénum, comparé à un rond-point, joue un rôle central dans le système digestif. C’est dans cette partie de l’intestin grêle que les voies pancréatiques, biliaires et hépatiques convergent pour déverser leurs sécrétions enzymatiques. Ces sécrétions sont essentielles à la digestion des aliments.

L’intestin grêle, en particulier le duodénum, est responsable de l’absorption des nutriments provenant de notre alimentation. Il absorbe une variété d’éléments nutritifs, tels que le potassium, le sodium, le chlore, le bicarbonate, le calcium, le fer, les vitamines, les acides aminés et les acides gras. Chaque partie de l’intestin grêle a des fonctions spécifiques d’absorption de certains éléments nutritifs.

Cependant, le duodénum peut également être le siège de diverses maladies et problèmes de santé. Les ulcères duodénaux, par exemple, sont des lésions qui se forment dans la paroi du duodénum et peuvent provoquer des douleurs abdominales. La malabsorption, qui est une difficulté à absorber correctement les nutriments, peut également affecter le duodénum. La maladie cœliaque, une réaction auto-immune à la consommation de gluten, entraîne une inflammation de la muqueuse du duodénum et peut entraîner des problèmes digestifs.

Les organes annexes : le foie et le pancréas

foie et pancréasLe foie

Le foie est l’organe se trouvant dans la partie haute droite de la cavité abdominale, juste sous les côtes. Il pèse environ 1,5 kg et peut emmagasiner jusqu’à 1 litre de sang (ce qui est considérable quand on sait que nous n’avons que 5 litres de sang dans le corps).

Le foie est un organe majeur qui remplit de nombreuses fonctions biologiques essentielles. En voici quelques-unes :

  • La fonction métabolique : permet la création de protéinesessentielles mais aussi de substances nécessaires à notre digestion et notre croissance.
  • La détoxification : notamment de plusieurs composants comme les xénobiotiques(c’est-à-dire les molécules étrangères à celles du corps, comme les plantes ou les médicaments), mais aussi des hormones stéroïdiennes ou encore le cholestérol.
  • Une fonction digestive puisqu’il permet la production de bile, qui sera stockée dans la vésicule biliaire.

Le pancréas

pancréas anatomieLe pancréas est un organe plat situé dans l’abdomen, derrière l’estomac. Il est positionné dans une anse formée par le duodénum. Le pancréas mesure environ 15 cm de long et comporte trois parties : la tête, le corps et la queue.

Le pancréas possède plusieurs fonctions biologiques essentielles.

La production de sucs pancréatiques en quantité importante puisqu’on estime la sécrétion à 1,5 litre de sucs pancréatiques par jour.

La production de bicarbonates : ce qui rend le liquide pancréatique très alcalin et c’est normal car il doit atténuer l’acidité qui sort de l’

La production de l’insuline: qui est une hormone indispensable au contrôle de la glycémie.

Une des pathologies les plus connues concernant le pancréas est le diabète.

Le foie et le pancréas produisent des sécrétions absolument primordiales pour la digestion, il s’agit de la bile et des sucs pancréatiques : voyons-les en détail !

Fonctions de la bile et des sucs pancréatiques

La bile

La bile est un liquide visqueux, produit par le foie et stocké dans la vésicule biliaire, dans lequel se trouvent les acides biliaires. La bile, via les acides biliaires, va permettre la dissolution des graisses en micelles, qui, ces dernières, subiront à nouveau une dégradation par les lipases (enzymes qui digèrent les graisses). C’est sa composition qui fait de la bile un liquide absolument indispensable dans l’assimilation et l’absorption des graisses.

Les sucs pancréatiques

Les sucs pancréatiques sont un ensemble d’enzymes digestives :protéases, lipases, amylases, produites par le pancréas et qui ont un rôle dans la poursuite de la digestion qui a commencé dans la bouche, puis dans l’estomac. De plus, les enzymes pancréatiques, comme les acides biliaires, permettent de prévenir de possibles proliférations bactériennes de l’intestin grêle (SIBO).

Le côlon

côlon anatomie Le côlon, aussi appelé gros intestin fait suite à l’intestin grêle dont il est séparé par la valve iléocæcale. Il mesure environ 135 cm, son diamètre est un peu plus gros que celui de l’intestin grêle, et c’est normal puisque l’un des rôles du côlon est le stockage des selles.

Comme pour l’intestin grêle, le côlon possède différentes parties.

  • La valve iléocæcale qui est une sorte de porte faisant la jonction entre l’iléon (dernière partie du grêle) et le cæcum, la partie basse du côlon ascendant (première partie du côlon).
  • Le côlon ascendant (ou gauche) qui fait suite à la valve iléocæcale.
  • Le côlon transverse.
  • Le côlon descendant (ou droit) qui mène vers le côlon sigmoïde.
  • Le côlon sigmoïderedirigeant vers le rectum.
  • Le rectum et l’anus.

À la différence de l’intestin grêle, le côlon arbore un microbiote très dense. On compte environ 1 000 espèces bactériennes dans le côlon, et les recherches sur le microbiote ont encore beaucoup de choses à nous apprendre sur les

bestioles qui nous colonisent.

Le côlon possède plusieurs rôles, dont 3 très intéressants.

  1. La réabsorption de l’eau et les sels minéraux en provenance de l’intestin grêle.
  2. Le stockage temporaire des selles dans le rectumafin que l’on puisse (normalement) se retenir plusieurs heures sans aller aux toilettes.
  3. La niche écologique qu’il accueille, c’est-à-dire, le microbiote.

Récapitulatif des principaux rôles des organes digestifs

rôles des organes digestifs

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Joris Vanlerberghe
Naturopathe Spécialisé en digestion et microbiote

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